Pour ses 25 ans, La Haine ressort au cinéma et inspire une expo au Palais de Tokyo

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La Haine fête ses 25 ans. A cette occasion, le film racontant la vie de jeunes en banlieue et leurs rapports parfois électriques avec la police, sort à nouveau en salle ce 5 Août. Le film réalisé par Mathieu Kassovitz est devenu si culte qu’il a inspiré toute une génération, et une expo à Paris.

« Jusqu’ici tout va bien … » 25 ans après sa sortie, le long métrage culte La Haine réalisé par Mathieu Kassovitz reste d’actualité. C’est l’histoire de Saïd, Hubert et Vince (Stan Smith immaculées aux pieds), trois jeunes qui galèrent dans leur quartier secoué par une émeute à la suite d’une bavure policière. Une plongée de 24 heures dans la vie d’une jeunesse alors oubliée par la société et par le cinéma. 

« A l’époque, le cinéma, c’était un truc. Il n’y avait pas internet. Je te parle de 92/93, à l’époque quand il y avait des jeunes de quartier qui venaient sur Paris, les parisiens les regardaient bizarrement. C’est la première fois qu’on a commencé à parler de racaille et tout ça. Moi j’avais la chance de trainer avec eux, je trainais dans le milieu multiculturel qu’était le hip-hop et je voyais à quel point, c’était pas des animaux quoi. Le seul moyen d’alerter les gens et de faire son propre média. » déclarait celui qui est actuellement le héros de la série Le Bureau des Légendes à nos confrères de KONBINI, ce 31 juillet.

Pour le scénario, Mathieu Kassovitz s’inspire d’un fait divers : une bavure policière survenue  au commissariat des Grandes Carrières dans le XVIIIe arrondissement à Paris, le 6 avril 1993. Alors qu’il est gardé à vue pour un vol de cigarettes, Makomé M’Bowolé, 17 ans est abattu par l’inspecteur Compain. Des émeutes éclatent dans la capitale. Mathieu Kassovitz, alors assistant réalisateur, se rend sur place où la famille de la victime fait un sit-in pour manifester et avoir des réponses. Quelques mois plus tard, un projet de film prend forme. Le jeune réalisateur doit alors trouver un décor. Si les maires sont difficiles à convaincre, il parvient à poser sa caméra pendant deux mois dans le quartier de Noé, à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines.

A sa sortie le film est un événement, la banlieue débarque sur la Croisette. Au Festival de Cannes, le film raffle le Prix de la mise en scène. Auprès du public, lorsque La Haine sort en salles, il fait un carton : deux millions d’entrées en France. Les carrières des protagonistes principaux, de Saïd Taghmaoui à Vincent Cassel, s’envolent. De nombreux artistes, designers, stylistes, se revendiquent comme héritiers de cette oeuvre. Comme Les Misérables de Ladj Ly, quelques années plus tard. Diffusé au cinéma en 2019, le long métrage marche dans les pas de La Haine en racontant autrement l’histoire d’une bavure policière. Le film cartonne également, est récompensé du César du meilleur film au Festival de Cannes, et représentera la France aux Oscars.

Les deux sont si liés qu’ils ont le droit à une exposition sous forme de workshop au Palais de Tokyo. Une nouvelle génération s’empare des problématiques, liées aux quartiers populaires, imprimées sur pellicule par Mathieu Kassovitz et Ladj Ly. Du 29 août au 7 septembre 2020, une trentaine d’élève de l’école Kourtrajmé (Clichy-sous-Bois / Montfermeil) proposent leur interprétation des deux films et racontent leurs quotidiens d’habitant.e.s d’une cité en banlieue. Des installations, des courts-métrages, des interventions de chercheurs : une exposition pluridisciplinaire dont la filiation avec les deux films est assumée. Les commissaires sont les réalisateurs Mathieu Kassovitz, Ladj Ly, le photographe JR et le curateur Hugo Vitrani. Chez Tsugi, Hugo Vitrani précise la démarche : « L’idée, c’est qu’ils répondent à la question : qu’est-ce qui leur fout la haine aujourd’hui ? Le but n’est pas qu’ils illustrent les films, mais qu’ils partent des constats et des sujets qui y sont évoqués pour créer des œuvres ».

25 ans après sa sortie, La Haine nous rappelle encore que dans une société qui tombe, le problème ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

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