Priya Ahluwalia, designer menswear hors-pair

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Consacrée du Queen Elizabeth II Award en février dernier, la créatrice Priya Ahluwalia continue sa belle ascension. Figure de la nouvelle vague des designers menswear aux fondations green et éthiques, la londonienne de 29 ans aux origines nigérianes et indiennes brille sous son label éponyme.

Priya Ahluwalia naît dans les années 90 dans le sud de Londres et porte en elle un riche héritage multiculturel, parsemé de voyages familiaux sur les marchés vintage à Lagos au Nigéria et à Panipat, petite ville Indienne au Nord de Dehli. Son nom commence à vous êtres très sérieusement familier ? Forcément. Vous avez lorgné sur une des sublimes pièces tirées de sa dernière collaboration avec la marque scandi-cool Ganni. Vous vous rappelez aussi peut-être ses brillants premiers pas sur le catwalk au côté d’adidas MakerLab en marge de la Fashion Week Londonienne automne / hiver 2019. Il faut dire que Ahluwalia accumule les nominations et récompenses depuis sa sortie de l’Université de Westminster en juin 2018.

Entre son H&M Design Award, sa nomination au prix LVMH 2020, son fashion film Joy salué au Gucci Fest 2020 et sa consécration en 2021 avec le Queen Elizabeth II Award, le CV de Priya Ahluwalia est costaud. Le secret d’un tel succès ? Six collections aux accents sportswear à son actif, entièrement fabriquées à partir de dead stocks, pièces vintage et chutes de tissus organiques. Le tout est upcyclé au moyen d’un savoir-faire artisanal hors du commun. Par ailleurs, sa vision de la mode est construite comme une réponse aux injustices sociales.

On pense par exemple à sa collection printemps / été 2021 baptisée «Libération», qui fait écho au mouvement Black Lives Matter. Elle s’est associé au designer britannique Dennis McInnes, né à Lagos, pour créer des imprimés tirés d’archives d’affiches des manifestations des années 60 au Nigeria. Pour sa collection automne / hiver 2021, elle puise ses inspirations dans la Renaissance de Harlem, mouvement d’entre deux-guerres (1920-1930) extrêmement fort pour la culture afro-américaine.

D’autre part, la londonienne dont les looks oscillent entre les patchworks des années 70 et les inspirations rave des années 90 a publié deux livres salvateurs. Le plus récent intitulé Jalebi est un tome photographié par Laurence Ellis, dont les images explorent le travail et les racines indiennes de la créatrice. Les clichés nous transportent notamment dans le quartier londonien de Southall, où s’est installée la première communauté punjabi de Grande-Bretagne.

Son tout premier livre Sweet Lassi, évoque quant à lui les problèmes de surplus de vêtements occidentaux. Lors d’un voyage à Lagos en 2017, elle repère sur des marchés de seconde main diverses pièces provenant de Grande Bretagne comme un t-shirt du Marathon de Londres 2012. Elle découvre aussi, lors d’un voyage en Inde, que des tonnes de vêtements y sont envoyées pour être « recyclées » mais finissent en réalité chez des petits commerçants qui accumulent des volumes insensés. La philosophie Ahluwalia est ainsi née de ce constat effarant : la mode de demain a tout intérêt à se construire sans dommage inutile.

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