Retour sur l’histoire de Samuel Ross et son label A Cold Wall*

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Crédit : Samuel Ross pour Vogue

King du minimalisme, du vêtement technique et hybride, l’ancien bras droit de Virgil Abloh passionné de design en tout genre, est en train de donner un second souffle à son emblématique marque A Cold Wall*. Retour sur le parcours du très respecté Samuel Ross.

Avec une féroce envie de représenter la street culture et la classe ouvrière britannique, Sam Ross lance A Cold Wall* en 2015. À seulement 29 ans, sa marque vaut déjà plus de 12 millions. C’est dire si le brillant créateur qui a grandi dans un quartier défavorisé et ségrégé du Northamptonshire a réussi à créer un véritable empire en quelques années. Ses parents sont à la fois créatifs et intellectuels. Son père, spécialisé dans les vitraux, a étudié les beaux-arts à Central Saint Martins. Sa mère est peintre et enseigne la psychologie. Il attribue à ses parents le mérite de l’avoir «sculpté» en tant qu’ultra sensible à l’art et au design. À 7 ans, il vend sa première peinture à un ami. À 15 ans, ce sont des contrefaçons Nike et adidas qu’il vend à son entourage.

Ses premières amours ? L’illustration et le design graphique dont il est diplômé par l’université de Montfort. En 2011, il lance sa première marque de streetwear 2wnt4 tandis qu’il travaille en tant que designer pour Imperial GB. Deux ans plus tard, il rencontre Virgil Abloh et Kanye West pour travailler sur la collection Kanye x APC. Virgil le nomme ensuite assistant créatif de la marque Off-White, pour laquelle il contribuera à l’élaboration artistique d’installations, de pop-up et d’évènements en tout genre. Parallèlement, il apporte sa pierre à l’édifice et son regard neuf sur des marques comme Fear of God de Jerry Lorenzo ou encore Hood by Air de Shayne Oliver en 2014.

L’adjectif qui revient très souvent lorsque Samuel Ross est évoqué est « cérébral ». Et c’est certainement cette approche ultra intellectualisée du vêtement masculin qui lui a valu d’être finaliste au prestigieux prix LVMH et au prix ANDAM en 2018 ou encore de gagner un British Fashion Award. Impossible de réduire le travail du label ACW* au simple streetwear tant son expression est complexe : des shows aux formes, en passant par les matières, les fonctionnalités mais surtout les story-telling, rien n’est laissé au hasard.

Chacune de ses créations est une expérience structurale. Inspiré par de nombreux architectes tels que James Turrell, Massimo Vignelli, Shusaku Arakawa, Francis Kéré et Christo, Samuel Ross entend travailler sur la perception de l’espace, de la couleur, de la forme et du design.

En usant de matériaux industriels comme le PVC, le plastique et le nylon caoutchouté en pièces quasi couture, Sam Ross construit un discours inclusif et moderne pour ouvrir une véritable discussion avec la nouvelle génération. Définitivement conquise, la nouvelle génération a d’ailleurs acclamé son travail de la même manière qu’elle acclame (et réclame) celui d’Heron Preston. Ses collaborations avec Nike (de la Air Force 1 à la Vomero 5) ou encore avec Oakley étaient vouées à la réussite.

Depuis peu, le designer a décidé d’offrir une nouvelle ère à son label, ce qu’il a démontré lors de sa première présentation AW20 à la Milan Fashion Week. “Cette collection représente le passage de l’enfance à l’âge adulte; c’est presque une autobiographie. J’avais 23 ans quand j’ai commencé A-COLD-WALL*, et elle tournait essentiellement autour du streetwear. J’ai désormais 28 ans, une fiancée, un enfant de 2 ans et une entreprise : ma perspective de la vie a beaucoup changé.” Plus mature, la gamme présentait évidemment des pièces outdoor avec cordons de serrage ou encore des pantalons workwear mais introduisait également le tayloring poussé ou encore le pardessus d’une rare élégance. Si les fans de sangles, de multi-poches et de PVC sont certainement déstabilisés par cette nouvelle direction, il y a aussi fort à parier que Samuel Ross continuera à faire le bonheur de ceux qui ont évolué avec lui et trouvera un public encore plus large.

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