Tschabalala Self : l’art de militer

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Installation View Tschabalala Self: Out of Body ICA Boston Jan 20 – Jul 12, 2020

Originaire d’Harlem, Tshabalala Self explore l’histoire des Afro-Américains à travers la beauté noire. L’artiste américaine montre les corps féminins comme personne d’autre.

De la pop et l’histoire des Noirs américains en héritage, voici un résumé simple – même trop simple – du travail de Tschabalala Self. Peinture, textiles, matériaux recyclés toutes surfaces lui servent de médium pour célébrer le corps de la femme noires trop souvent victime de clichés orientalistes. Sous l’oeil de Tschabalala Self , ce corps féminin est déconstruit, recomposé et sert un propos inéluctablement féministe. 

New-York. 1990. Tschabalala Self naît à Harlem. Sa mère excelle en couture et transforme des vieux vêtements en nouvelles tenues pour elle, ses trois sœurs et son frère. Les artistes Faith Ringgold et Jacob Lawrence sont des amis de la famille. Plus jeune, elle a déjà conscience d’être l’un des rares enfants noirs de son école dans l’Upper East Side de Manhattan. Cette enfance et ses observations ont suffit à galvaniser sa perspective féministe.

« J’ai le sentiment que ma relation à faire, à la fois formellement et conceptuellement, est inspirée par ma mère. C’est l’espace que j’occupe dans le monde, c’est le corps d’où je viens. C’est qui je suis et qui était ma mère. Plus une histoire que vous pouvez articuler est sincère, plus les gens y ont accès ».

Reprendre le pouvoir 

Au collège, Tschabalala Self s’approprie la culture pop. Lorsque l’artiste étudie les Beaux-arts au Bard College, elle est frappée par les différentes manières dont les femmes noires et blanches sont sexualisées par la société. Dans des peintures et collages, la peintre choisit de questionner l’objectivation des femmes noires à travers une série de portraits consacrés à ses figures noires à l’image de Saartjie Baartman. Un héritage culturel qu’elle souhaite défendre coûte que coûte.

Love to Saartjie
Oil, acrylic and dye on canvas
66″(H) x 26″(W)
2015
Love to Saartjie
Oil, acrylic and dye on canvas
2015

« Je pense que le moment est venu pour les Noirs et les personnes de couleur de reprendre notre pouvoir. Nous devons recréer une toute nouvelle rhétorique autour de nos identités ». En 2017, cette nouvelle rhétorique est nommée Bodega Run. L’attention de Tschabalala Self porte sur la vie quotidienne des Noires d’un Harlem victime de la gentrification. Les caractéristiques physiques exagérées des corps servent à magnifier les femmes ordinaires qui fréquentent les bodegas, ces petits commerces familiaux localisés notamment dans les quartiers noirs ou latinos.

Bodega Run Diptych, 2017
Acrylic, watercolour, flashe, gouache, coloured pencil, pencil, hand-coloured photocopy, hand-coloured canvas on canvas

Qui peut prétendre faire de l’art, sans prendre position ? New York, Glasgow, Londres, Miami, Londres, Los Angeles… Le monde de l’Art va devoir compter sur la pop, la vitalité et le militantisme de Tschabalala Self. 

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